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 Aux galériens mécaniques...

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Olivier 914
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Olivier 914

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MessageSujet: Re: Aux galériens mécaniques...   26/12/2018, 10:38

Bravo Wilde et Merci pour ce partage ...

Moi qui croyais avoir galéré au début, un peu de temps après l'achat de ma 914. Je remarque que d'autres n'ont pas eu la même chance que moi ...

Vivement 1999 et la suite de tes aventures.
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ttrik914

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MessageSujet: Re: Aux galériens mécaniques...   26/12/2018, 18:27

pourquoi pas en faire un roman .....??
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wilde

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MessageSujet: Re: Aux galériens mécaniques...   26/12/2018, 19:16

... Un roman ? Reprendre la vie d'un romancier ?

Avec quelques années là-dedans, eh bien c'est trop prenant et aliénant pour moi. Je ne sais pas faire à moitié. Comme la mécanique, j'y perdais vie sociale, sommeil et relations, c'en devenait une drogue dure.
Un copain écrivain, un qui veut en vivre, s'est carrément déconnecté du monde... Dangereux.
C'est un boulot de célibataire solitaire et décalé. On n'écrit pas quand on est normal, on a déjà pas grand-chose à dire. On écrit en qualité d'écorché.
Un bon bouquin, du moins, dont on se satisfait, c'est aussi plusieurs années de travail. Là, je vais aller à l'essentiel de mes projets. Toujours dans l'écriture, mais d'une autre manière...
Ceci dit, je fais toujours l'écrivain public pour l'entourage et autres...

Wink
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wilde

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MessageSujet: Re: Aux galériens mécaniques...   29/12/2018, 12:03

1999, cosmos total...

Neuf mois de roulage l'année précédente, pour accoucher d'une boîte de vitesses à démonter... Nous voici repartis pour un Mambo number five avec une nouvelle dépose moteur...
Pas question de travailler dans le parking souterrain, infaisable... J'y bosserai plus tard, d'une autre manière, encore des histoires bossues, pour tout dire...

Tout début janvier, le véhicule est donc conduit chez Souchon, à dix bornes de chez moi. Souchon, parce que c'est son sosie et qu'on vivra des histoires inimaginables en jouant sur l'ambiguïté... D'ailleurs, en ville, tout le monde l'appelle Souchon depuis plus de deux décennies... L'auto est dans la cour de sa ferme, je peux travailler en paix. Dehors, mais en paix, loin de la cour de l'appartement dont je deviens la vedette involontaire...

L'hiver est là, faut s'accrocher dur... Tous les travaux à venir se feront dehors, entièrement seul, sous des plastiques et des toiles qui se cassent la gueule sous le poids de la pluie... Les roms n'ont rien inventé et je ne savais pas, en ce temps-là, qu'ils me copieraient... La 914 est bâchée en permanence, une idée de la bonne soeur, ces bâches vert et bleu qu'on trouve partout. Double couche, oeillets fixés au travers des jantes. En dessous, elle est au sec, c'est déjà ça...

Je rapatrie la boîte à l'appartement. Dur dur, cette boîte. Surtout pour déloger la clavette se trouvant dans la "cloche" qui bloque les pignons sur l'arbre. Je demande pardon au voisin du dessous qui a subi des coups de marteau à répétition pendant des semaines. J'ai su seulement ensuite qu'il y avait une cave dans cet immeuble, quand je l'ai quitté en fait... Et puis l'odeur âcre de l'huile dans le logement, pardon à l'occupant suivant... Opération réussie, ce sont les deux roulements du carter intermédiaire qui sont détruits et que j'ai changés, les billes étaient parties jouer ailleurs dans le carter... Forcément, la tenue des vitesses marchait beaucoup moins bien... Un coup de frigo et les roulements sont descendus tous seuls dans leur logement. A la fermeture de la boîte, rien à faire pour comprendre comment enfiler les deux arbres... Le jeune lycéen de Bac pro trouve l'astuce dans la soirée et nous exultons notre joie dans un bar belge sans attendre !
Moteur sorti, j'en profite pour repeindre le compartiment moteur... J'avoue que j'ai également peint le pare-choc 916 dans cet appartement, pardon M'sieur l'juge !

En avril, je suis prêt à accoupler la voiture avec le bloc propulseur... Le sol de la ferme est très inégal, des gros pavés et des ornières... Je m'énerve à bouger le chariot de fortune sous la voiture... Vient le coup de foudre brutal, je m'écroule en étoile, immobile, mais ce n'est pas la Méditerranée qui me porte, juste les pavés froids sur lesquels il commence à bruiner... Le dos est touché, un disque est sorti et touche le nerf sciatique. Souchon me ramène chez moi. J'en ai presque les larmes aux yeux de douleur et de dégoût. Je passe quelques examens médicaux, scanner et IRM, on a bien un pincement discal et un déplacement de vertèbre. J'en souffre maintenant depuis 18 ans.

En juin, la 914 quitte la cour, j'ai terminé. Le 18, la courroie d'alternateur m'appelle, elle casse sur une avenue, en ville... Cette panne, je crois que je vais savoir gérer !

La voiture retrouve le parking en sous-sol... L'histoire des bosses recommence... Je passe d'agréables moments avec la fille à la jupe. Suffit d'une douille de 32 pour retirer le volant et on y fait ce qu'on veut... Un soir, en pleine action, une porte s'entre-baille derrière nous. La jeune femme déjupée, tête contre la lunette arrière, panique totalement. Un gars est planqué dans un local technique et nous observe. Réflexe, je démarre fissa la 914 et fait marche arrière d'un petit mètre, porte bloquée avec le voyeur à l'intérieur. Je reviendrai le lendemain soir, je sortirai la 914 sans traîner et ne reviendrai plus jamais dans ce sous-sol. La blonde ne voulait plus, de toute façon... Malgré une forte probabilité de suspicion, je ne saurai jamais avec certitude qui était ce gars. Les choses commençaient à chauffer...

Juillet. La 914 ne démarre pas. Je passe sur les changements de pièces inutiles et chronophages, dont une centième bobine... Sur les conseils d'Eric, je monte un allumage électronique Ignitor, sa fiancée lui en ayant offert un pour ses 26 ans, dont il est très satisfait. Autant de sa future femme que du kit, je l'espère. Jésus m'apparaît, tombé du ciel, les bras ouverts: dès la mise en route, immédiate, le moteur ronfle rond et plein. Je sors sur l'avenue, c'est l'extase totale, l'engin "pousse sa race à fond", plus besoin de réguler avec le starter ! Quand je dis que les problèmes d'allumage et d'essence présentent des similitudes bien trompeuses !
La voiture tourne bien, mais c'est maintenant le faisceau électrique qui déconne... Je consacre quelques semaines à arranger le système... Je garderai cette belle image à vie lorsque, couché sous l'auto derrière mon immeuble, je voyais progresser vers moi le compas jambier de ma petite copine à talons aiguilles... Comme dans la scène de l'ascenseur du "cerveau", sauf que j'avais la tête et les jambes... Je prenais alors une petite douche rapide et le compas s'ouvrait magiquement...
Je répare diverses bricoles, les charnières de coffre, le mécanisme de levage des phares et installe divers interrupteurs. Nous arrivons en août et l'auto n'a roulé que... trois semaines depuis janvier, en fait.
Le démarreur fait des siennes, pas vieux, pourtant... Plusieurs fois, je devrai l'ouvrir et le nettoyer, ça devient une opération routinière d'entretien courant... Plus grave, l'huile se met à surchauffer, je n'y comprends plus rien. Solution indigne de tout, je pose des bougies plus froides, n'importe quoi. Comble de la sottise, je décide de combiner une prise d'air pour refroidir le radiateur. Je fignole tout merveilleusement, avec des tuyaux d'écoulement des eaux, fier de mes angles et de l'écope sous la voiture. Je sors tester tout ça. Oh, pas longtemps, juste cinq bornes, puisque je fusille tout en accrochant l'arrêt de grille de la maison parentale... Avec le recul du canon, le radiateur est bousillé... Je me sens seul, mais seul... Je commande un nouveau radiateur... Coup de chance, le moteur ne chauffe plus, le radiateur était simplement HS, suffisait de le changer plutôt que de magouiller un spaghetti de 100 mm. Nul. Si on m'avait dit que je serais l'un des conseillers en mécanique d'un forum prestigieux quelques années plus tard... Ceci dit, y a même des glands qui sont devenus présidents, alors...
Finalement, je n'ai jamais su si mon écope aurait marché...

Bref, ce n'est pas encore cet été qu'on partira en grande vadrouille...

Septembre, l'échappement pétarade. Ultra pourri. Eric me confirme que les échangeurs et le pot proviennent d'un modèle 1.7. Dans mon esprit, Jonasz commençait clairement à jouer du pipeau aussi bien qu'il chantait... Je monte une ligne neuve complète et je retrouve la banane. La banane du sourire, la banane du pot et celle qu'on a tous !

Quelques jours de roulage sans histoire...

Octobre, la culasse gauche reste froide, l'auto vibre et ne tire pas du tout, le banc gauche du moteur est éteint. Je permute les manchons des pipes d'admission. Pas mieux. Je permute, en vain, la pipe gauche et la droite. Pour celle du milieu, je ne permute pas et garde la même copine talonnée.
Toujours froide, la culasse, je fais alors rectifier les pipes. Je m'agace et broie l'une des extrémités en démontant, une matière grise, cassante. Je porte la pièce à souder et fait re-surfacer. Je change les joints d'admission, au point où on en est... Pas mieux, pas mieux et triple pas mieux...
Je démonte l'allumeur et découvre que les aimants du capteur d'allumage électronique sont dessertis, on a la panne, c'est tout bon ! Je recolle les aimants de l'espèce de cylindre en plastique emmanché sur la tige de l'allumeur, je pense l'affaire réglée, mais l'aiguille de température de gauche reste implacablement à zéro... Je pose un nouvel allumage, un Compufire... Rien à faire, la panne persiste. Le désespoir monte... Je me tourne alors vers le passé et pose des vis platinées avec un rupteur, je suis prêt à tout essayer... Peine perdue, cette bagnole est une vraie saloperie pour la santé mentale et physique... Eric me conseille alors de changer toute l'injection, les durites en plastique à emboîter de la Golf ne sont pas fiables, de toute façon... C'est là que je scalpe une 924 de son injection, dans une casse... J'installe l'équipement, plein d'envie de rouler... Coup de grâce, voici que les tubes d'injection bourdonnent comme une tuyauterie entartrée et chauffent du côté droit maintenant... Le bruit d'échappement est revenu et l'huile a de nouveau la fièvre... Je démonte le côté droit et m'aperçois que la culasse est desserrée ! Je resserre, mais le souffle à l'échappement persiste... Fou pour fou, je démonte une fois de plus et change les espèces de joints de culasse. Encore une fois, pas de résultat, ça ne marche pas. Là, c'est pas bon pour le moral... Une seule chose à faire: dépose moteur, la sixième. En se dépêchant, parce que l'hiver arrive vite au pôle Nord...
Verdict: un épaulement de cylindre est dans le sac, à cause de la culasse mal serrée qui a laissé passer les gaz... Je ne change que le cylindre et garde le même piston, moins de démontage, même si c'est une idée moyenne... Le piston neuf, non utilisé, se balade depuis ce temps dans mes tiroirs, mes cartons ou mon établi, au hasard des rangements périodiques...
L'immeuble a pris parti, je me suis intégré et je suis encouragé... Les soirs d'été, les fenêtres s'allument, telle les cases de l'académie des neufs, et chaque locataire s'appuie contre la rambarde de la coursive pour observer l'affaire...
Fin d'année, je viens de remonter le moteur dans la voiture, il s'est passé encore plus de huit semaines... Les habitants sont autour de moi pour le grand démarrage de Noël, l'occasion d'enfin célébrer la fin du cauchemar et de filer vers 2000 en oubliant tout... Je me fous du bourdonnement de l'injection, je veux juste que ça tourne sans ce sifflement d'échappement... Au volant, j'appuie sur le bouton rouge, ça hésite un peu puis ça ronronne parfaitement, le silence, je jubile, fébrile... Levées de pouce, tapes amicales sur le dos, je suis heureux... Content pour quelques secondes... A mesure que le moteur chauffe au ralenti, le petit bruit renaît petit à petit... En fait, depuis octobre, tout ça pour rien. Je sais immédiatement qu'il va falloir refaire le job et sortir ce bordel une septième fois. Là, je craque. Je vais m'isoler et chialer comme un gosse, je suis à bout. Pas pour longtemps. L'inspecteur Callahan ne pleure pas, en regardant le tableau sur le mur du studio...
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MessageSujet: Re: Aux galériens mécaniques...   29/12/2018, 17:35

Eh ben tant à fait du bordel chez Jean!!!
Suis pas sur qu’il en connaisse la moitié!!.
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MessageSujet: Re: Aux galériens mécaniques...   29/12/2018, 21:57

Jean, il m'a couru après pendant des mois ! La faute aux enfoncements du cric dans son goudron de la place N°12 !
C'est votre goudron qui est pas de bonne qualité, j'lui ai dit, dans la rue, ça s'enfonce pas !

"Ma, mon goudronne il est bonne !"

Ce bloc est plein de souvenirs !!!! (de toutes sortes ! Embarassed Embarassed Embarassed )

Laughing
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MessageSujet: Re: Aux galériens mécaniques...   29/12/2018, 23:32

Tu sais qu’il a rejoint la famille?
Il roule en Macan!!!
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MessageSujet: Re: Aux galériens mécaniques...   30/12/2018, 10:33

Ah ? Il avait des berline cab', de mémoire, le v'là en "camion" !... Crying or Very sad

Je l'ai revu, rarement, en repassant de ton côté, il tient la forme, toujours jeune homme. 6 ans que j'ai passé là-bas, puis j'ai craqué, canicule de 2003. Disons que ça a accéléré mon départ vers une nouvelle vie...
J'y retourne une à deux fois l'an, revoir les anciens habitants (y en a qui y sont depuis plus de 20 ans !).

Wink
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MessageSujet: Re: Aux galériens mécaniques...   1/1/2019, 20:39

La tempête du siècle fait rage, le bug de l'an 2000 va nous anéantir, mais nous passons quand même le cap et nous voici avec une auto de 1973 entrant dans le nouveau millénaire...

Les deux culasses achetées neuves sont abîmées. Du moins, elles se sont abîmées... Je dois revenir un peu en arrière, au moment de leur achat... J'avais demandé un peu partout comment faire au remontage, s'il fallait resserrer ou pas, au bout d'un certain temps... Je m'étais pas mal déplacé... Un préparateur parisien, sûr de lui, m'a fanfaronné qu'on ne resserrait jamais un moteur à air, qu'il réparait des moteurs d'avion et qu'il savait ce qu'il disait... J'ai suivi son conseil, je paie maintenant son conseil.
Les joints neufs se sont écrasés au serrage et du jeu s'est créé entre le plan et le cylindre...
Je fais donc rectifier les deux culasses, décalamine les pistons, change les tubes de retour d'huile, perce des orifices dans les caches-cylindres, pour pouvoir resserrer ultérieurement sans devoir tout démonter...
Je fréquente le milieu VW... Là, un vénérable « vieux » me parle de ses souvenirs, il faut toujours vérifier le serrage des culasses air-cooled, à plusieurs reprises... Il m'explique qu'il recuisait même les joints en cuivre, avant de les poser sur les combis. Il me fait d'ailleurs cadeau d'un lot de joints neufs d'époque, en m'expliquant la technique... Quand j'ai évoqué l'injection, son regard a parlé, je n'ai pas continué. Le même air quand j'ai parlé de joints métallo-plastique... C'était un petit homme, il me faisait penser à un mixage entre Aznavour et Mickey. L'entraîneur de Rocky, s'entend bien... En le quittant, je suis convaincu, si besoin était, que la véritable mécanique passe par des carburateurs et un allumage classique.

En janvier, toujours dehors, je remonte le moteur dans la voiture pour la septième fois et règle les culbuteurs parfaitement. Je me mets aussi en quête du matériel de résurrection. Je trouverai mon bonheur chez les belges.

Je laisse Eric tranquille, la vie fait « que ». Il a manqué un virage et se retrouve marié. Chacun sa life, comme disent les jeunes d'aujourd'hui... Je le verrai une fois, pour qu'il me soude vite fait une patte de support pour le câble d'accélérateur... De toute façon, j'habite maintenant assez loin de lui, non pas en distance mais en temps de transhumance inter-citadine... J'adore surtout ce que je fais, toute cette mécanique, ces emboîtages et ces réglages... Je n'ai pas revu Eric depuis toute cette époque. La vie fait "que". Je préfère garder l'image du petit blond en survêt' virevoltant sur le terril avec son buggy... Finalement, à part la couleur du sable et la mer en moins, en été on s'croit presque tristement à Malibu... Peut-être et surtout que je préfère garder à ses yeux l'image que j'avais aussi...

Je travaille jusqu'au 24 février. Tout est neuf. Les deux Weber, l'allumeur, la pompe à essence, les tiges poussoirs, les tubes enveloppes, j'en passe et j'en passe. J'aurais dû commencer par là, dès l'achat, facile à dire... La 914 revit enfin, un 24 février 2000. Après tant de défaites, la victoire est humble et calme. I made it, c'est tout. Je roule dans le coin pour fiabiliser l'ensemble. Un tour chaque soir, c'est à la fois cool et angoissant, la peur de la panne vissée au cerveau... Mais, tout se passe bien.
Au téléphone, Eric me conseille de fignoler en faisant régler la carburation par un pro... Au retour du pro, les carbus sont encore moins bien équilibrés qu'à l'aller... Le gars a changé les bougies, préconisant du W7 plutôt que mes froides W5... Heureusement, la nénette pas nette a internet. Elle m'imprimera des procédures de réglage synchronisation et richesse pour que je puisse m'y pencher seul. Je tâtonne au début mais, à la fin, le moteur est une merveille d'onctuosité et de nervosité.

Je me fabrique une nouvelle console pour les six compteurs, planche de bois tendue de skaï noir... La nuit, l'éclairage vert et rouge est top, je jubile...
Je répare le tachymètre et le compte tours, démontage minutieux des engrenages et ça remarche.

Après 645 km sans encombre, record de longévité depuis l'achat, j'obéis au vieux mécano, je resserre les culasses. En avril. Ce n'était pas une blague, il avait raison, le jeu aux soupapes a changé, à cause de l'écrasement des joints. Je passe sept heures pour cette première vérification. La voiture redémarre parfaitement, les aiguilles de température des deux culasses sont parfaitement équilibrées, le bonheur total !

Le 17, frayeur, la culasse gauche reste froide ! Je désosse le carburateur, la petite bille en plastique dans le gicleur de cuve est juste coincée et empêche le passage de l'essence... Bête ! Pas encore rodés, ces Weber !... J'en profite pour changer encore une fois les filtres à carburant. Tellement apeuré que j'en intercale deux: un avant la pompe et un avant les carbus. Sait-on jamais...
En juin, je change le joint de vitre arrière, ça ne claque plus dans mon dos, tout tient ensemble. Je soigne aussi les rares points de rouille par ci par là.
Juillet est là... Le 3, au km 2543, le carburateur gauche me refait le coup du froid. Pas de panique, c'est juste la bille encore bloquée, ça s'arrange en quelques minutes...

Je continue à restaurer, je vérifie encore les culasses, à bon escient puisque le joint se rétracte toujours et que le jeu n'est toujours pas stabilisé... Tu le fais trois fois, m'avait dit le gars, à 1000 bornes, à 3000, puis à 7000 ou 10 000, ça ne devrait plus bouger ensuite... Je rénove les étriers arrières... Au remontage, la tuile, plus moyen de remettre le piston en place. Bref, je force et je casse la vis sans fin. Sans fin non plus, ces conneries... Au téléphone, le fournisseur allemand ne peut pas me livrer en juillet, il ferme samedi midi pour les congés. Il faut attendre mi août. Je n'attends rien du tout. Mi août, t'inquiète, je serai loin... Vendredi soir de la même semaine, je file à Bempflingen, avec la bonne R19. J'arrive au comptoir le lendemain matin, stupeur du type que j'avais eu la veille au téléphone. Je prends un étrier neuf et je m'en vais, il peut fermer sa boutique maintenant... Belle balade, j'en profite pour passer chez Porsche à Stuttgart et traverser la forêt noire. Pendant une pause sur la route boisée au silence impressionnant, je garde le souvenir d'un bruit rauque se rapprochant de plus en plus de moi quand apparaît et disparaît aussi vite, aux détours de deux virages, une 911 assez énervée... Elle est maquillée, comme dans les scoops d'Auto Plus...
Je remonte l'étrier, resserre les culasses, règle les culbuteurs, remonte le chauffage, absent à l'achat, je vidange la boîte de vitesses et prends la route le 23 juillet pour une première vraie virée. Il fait beau, il fait chaud, le targa est délicieux... 642 km sans histoire, du côté de l'Est, où est parti vivre le jeune de Bac pro, pris en BTS par alternance... C'est que ça commence à être fiable ! Je relève une consommation de 7,3 litres aux 100. Happy !

Fin juillet, kilomètre 3395, j'ai une autre idée de virée en tête et je lance une check-list de 72 heures : réglage des roulements avant, resserrage des échangeurs, des cardans, des pipes de carburateurs, etc. Une VW à air a la particularité de pas mal vibrer, surtout à froid, il faut le savoir, les vis qui se relâchent sont courantes... Pose de deux extincteurs, purge du circuit de freinage, changement du câble d'embrayage, nettoyages divers, repérage du point d'allumage sur la turbine, etc. Tiens, je me souviens, Eric, de son temps, m'avait envoyé chez un pro pour peaufiner tout ça, quand j'avais encore le K-jet... Le gars n'a jamais trouvé le repère sur la turbine, en revanche il a su trouver mes 300 balles... La prise en charge, qu'il me justifie, la prise en charge... J't'en foutrais, de ta prise en charge... Un peu comme les avocats, ces garagistes, on touche à peine la poignée de l'étude qu'on a déjà lâché un billet...

Le 10 août, cap sur le sud. 2802 km. Aller direct pour Nice, Monaco, le parcours du Grand Prix, Monte-Carlo, son casino et ses toilettes luxueuses, bizarre comme ça m'a marqué, l'arrière pays, la côte d'Azur, la corniche, les courses et le moteur qui résonne contre l'Esterel, le soleil, la mer, sans oublier les talons à mes baskets, bref, le paradis incrédule. Pour antivol instinctif, j'enlevais le volant et l'emportais, je connaissais très bien la position de la douille de 32... Paraît que les mecs faisaient pareil, dans les années 30, ôter le volant de leur guimbarde. Au chasseur de l'hôtel, qui voulait prendre la 14, la blonde répond, lassée et complice avec le mec au chapeau rouge, « Oh, laissez-le, il préfère la garer tout seul... ». J'apprécie moyennement et ressens le décalage... Le volant dort dans la chambre, car piquer une Ferrari ou une 911, banal, mais ma Porsche est unique...

Fin août, l'auto repart pour un rallye entre Verdun et Le Touquet, encore 961 km de cavale. Le vendeur de glaces n'y vit plus, il est à la colle avec une femme qui le rend malheureux, tandis que le jeune Antoine passe en seconde année de BTS.

Septembre, je pose un allumage électronique Compufire... On dirait que je m'ennuie et qu'il faut que je bricole à tout prix...

Voiture enfin roulante et performante, une sorte de frénésie psychotique s'empare de moi durant plusieurs années, comme intouchable et furieux de vivre, comme si l'auto parachevait la panoplie du mec enragé que j'étais déjà un peu. Tout comme le retraité qui oublie subitement toute sa carrière le jour de son départ, j'oublie les années de galère. Alors je joue beaucoup. A tout. Sur la route, pauvre Delpech, les gens de la police ne me reconnaissent pas et je paie les excès de vitesse... Je joue beaucoup. Avec les kékés à ailerons, avec les fourgons de police, avec les barrages routiers, avec les sensations, avec mon existence. Avec les smics, parce que les affaires marchent de mieux en mieux. Avec un univers superficiel que je dénonce aujourd'hui alors que j'étais à peine plus intelligent que les mecs que je dénigre maintenant, les dépensiers et les sans but...

2001 se pointe, reste à savoir quelle odyssée ce sera...
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wilde

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MessageSujet: Re: Aux galériens mécaniques...   8/1/2019, 11:53

2001, l'année s'annonce bien... L'auto affiche déjà 11050 km, avalés en une dizaine de mois, l'année précédente...

Jusqu'en juin, un peu d'entretien, vidange à la 300V, traitement antirouille des deux coffres, nouvelle moquette à l'intérieur, vidange de la boîte, réparation de l'allume-cigare...
A 12750 km, je resserre les culasses pour la dernière fois, le jeu aux culbuteurs n'a cette fois-ci pas bougé, les joints ont donc atteint leur épaisseur minimale, je ne devrais plus avoir à y revenir...

Je m'ennuie un peu des travaux... Comme je trouve que l'huile chauffe un peu à mon goût, lors des bourres estivales, je pose un radiateur d'huile auxiliaire, à l'avant, avec de la durite de chariot élévateur, associé à un manomètre VDO pour contrôler tout ça... Un thermostat pour réguler ? Bof, ça ne sert à rien, me dit je ne sais plus qui...

A la veille de la descente sudiste, la 914 enregistre 14536 km, elle en reprend 2480 et s'aventure même jusqu'à San Remo, au cours d'une soirée dans un restaurant du port, avec la talonnée... A l'entrée du rocher, les mecs gantés de blanc me laissent passer maintenant, pas comme avec la R5 multicolore, je me souviens, avec le copain déprimé, on s'était fait virer de la principauté comme des clodos d'un banc de métro...
Une image me revient toujours lorsqu'on parle de la 308, celle d'un mécano italien amputé de ses jambes, cachées qu'elles étaient par l'arrière de la voiture, seul le buste et les mains affairées dépassaient du compartiment moteur vide de la Ferrari... Un petit garage du « Corniaud », quand Maréchal fait réparer la Cadillac par un mec peu scrupuleux...
Petite aventure avec le démarreur qui se bloque encore, je démonte et répare dans la bonne humeur sur le balcon de l'hôtel, face au grand bleu...
Toujours la même fougue ridicule au volant, notamment un défoulement coupable sur la N202 plongeant vers Nice, on est con quand on est jeune... Toujours les mêmes provocations à la con et la même conduite à risques... La course sur la N31 avec la Harley 883 du copain de Soissons, la route de Reims, pèlerinage au circuit en passant... Un jour, un mec en 406 ne voulait pas rester derrière alors que je ne voulais pas qu'il passe devant, le fossé est passé très près... Le fossé, le train arrière était dedans, sur un chemin vicinal de Normandie, lors d'un demi-tour bucolique... Pas moyen de mettre le cric à cause du pot qui touche terre... Alors j'ai repensé à Blondin, il avait raison : le monde se divise en deux parties, celui qui creuse dans la chaleur et celle qui lève ses yeux verts au ciel bleu...

En tous cas, j'ai beau appuyer comme un fou, l'huile ne chauffe plus, je suis content... C'est bien connu, tout mec normal le sait, c'est excellent une aiguille qui reste dans la zone bleue...

L'aiguille ne décolle pas et les avions s'écrasent. 11 septembre, il pleut et je passe l'après-midi devant la télé.

Octobre, on va changer ce démarreur... Je crois que je l'ai déjà fait. Ajoutons le démarreur « neuf » de Jonasz, ça commence à faire beaucoup de démarreurs !

Je pars à Bruxelles, je prends un High Torque, pour être tranquille, le truc léger et luxueux pour les grosses cylindrées...
Je le monte, je flingue la batterie, il ne part pas. Je branche l'aide au démarrage, il tourne lentement et avec grande difficulté... Bon, il est défectueux, je vais le ramener, ils me le changeront, rien de bien grave... Malin, je cache une petite marque discrète... Les pros, n'est-ce pas, je commence à m'en méfier... « Désolé, Monsieur, on n'en a plus en réserve ! ». Le vendeur me demande de revenir un peu plus tard, on m'en donnera un autre... Je retourne donc à Bruxelles pour la troisième fois. Là, on me refourgue le même démarreur, je retrouve la trace témoin ! Rien à faire, malgré la preuve que j'apporte, je n'obtiens rien, les mecs maintiennent que c'en est un neuf ! On dira sur les belges, mais quand même... Bon, contre six cent bornes de navettes, j'aurai quand même un démarreur neuf d'occasion, on s'en contentera... Visiblement bien réparé, puisqu'il est toujours en service aujourd'hui !

Novembre, 18121 km, vidange moteur, réglage de la garde d'embrayage et vérification générale.

Bref, année de velours, rien à signaler. Je ne quitte pas ma place à la table et tente le double en 2002.
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Idefix63

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MessageSujet: Re: Aux galériens mécaniques...   9/1/2019, 22:56

miam, cela se lit sans faim!
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wilde

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MessageSujet: Re: Aux galériens mécaniques...   10/1/2019, 11:10

Merci.

Tu devrais essayer un vrai livre alors ! Smile
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Boxstervichy



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MessageSujet: Re: Aux galériens mécaniques...   17/1/2019, 09:10

Merci Wilde pour cette bel,e aventure si bien raconté, je suis propriétaire d’un Boxster s 987 et j’ai décidé de m’offrir là grand mère ! Un 2 litres, malgré les réticences affichées des proprios de 911 qui me disent que c’est un nid à emmerdes.
J’ai vu quelques auto à travers la France et comme prévue entre les photos et la réalité.... y’a un monde
Ou alors c’est parfaitement restauré avec un prix exorbitant justifié peut être mais hors de mes moyens.
Votre aventure Wilde, sans me démotiver lol ne fait que plus que jamais il est compliquer de trouver une auto saine pas’ trop bidouillée à un prix accessible.
Après ma question est : une fois restaurée correctement est on tranquille avec cette mémé si attachante
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wilde

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MessageSujet: Re: Aux galériens mécaniques...   17/1/2019, 12:05

Salut Boxster !

Une 914, tant que la rouille n'est pas là, c'est tranquille à faire...
Sans restaurer jusqu'à l'écrou (d'ailleurs, où est l'origine ensuite ?), une 914 en bon état est très fiable (comme toute auto d'ailleurs)... C'est souvent le manque de soins qui lui donne une réputation de capricieuse...
Depuis 2003, 15 ans et 55000 km, RAS, quelques tours de France, juste des bricoles mineures à signaler, souvent de ma faute.
Carbus, vis platinées, circuit essence révisé, allumage aussi, que peut-il arriver ? Rien ou très peu.
La seule "fiabilisation", c'est de rouler. On en déjà vu, des sorties de restauration, qui ont pété une durite vite fait...

Wink
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wilde

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MessageSujet: Re: Aux galériens mécaniques...   17/1/2019, 12:08

2002... Cette BM me plaisait aussi, mais bon...

Tout roule bien. D'avril à juillet, on entretient et sur-entretient. Vidanges, huilages, nettoyages, fignolages, point d'allumage. Réglage culbuteurs, les 0.15 et 0.20 n'ont pas bougé. En revissant une bougie, je m'aperçois que le filetage ne tient pas trop... On verra ça au retour...

Je m'amuse à ajuster le compteur de vitesse et le compte tours. Carnet à bord, essais autoroutiers, savants calculs et bricolages du ressort des aiguilles entre deux aires de repos.

Un peu de cosmétique, je change le vinyl de l'arceau de toit et je modifie l'assise des sièges pour rester bien calé lors des changements rapides de direction... Je préférerai finalement la version originale, mon dos me fait trop mal pour virer le coussin...

Le copain déprimé m'appelle, il a quelque chose à me montrer, il arrive un samedi soir.
Immatriculée dans le 33, la 964 blanche targa entre dans le parking de l'immeuble... Il vient de l'acheter, ça tombe bien, je vais pouvoir ajuster mon compteur et attester que la '14 monte bien à près de 200 sur le plat... Au soir, on poussera la '64 à 250 compteur, dans une facilité et sécurité déconcertantes... On poussera aussi la '14 à 185 sur l'A23, en rentrant avec de gros ronds sous les bras, enfin, surtout moi, parce que ce n'est vraiment pas raisonnable... Il me laisse la garde de sa grenouille pour la nuit, il ne tient pas à la laisser dans la rue pendant qu'il dormira chez ses parents, avenue de Verdun... Le lendemain, le gars revient, bermuda, polo et casquette blanche, lunettes Police, il vient reprendre son auto et repart à Bordeaux. Je ne reverrai jamais la 964, il la vendra six mois plus tard.

Août. Dans les calmes vignes bourguignonnes étouffant de soleil, explosion. Pas celle d'un bouchon de crémant... Celle d'une bougie qui vient de sauter contre le capot moteur... Problème. En ce temps, je n'embarquais pas encore tout mon matériel d'assistance... Je retrouve la bougie et me brûle les doigts... Demi-tour sur la route des Grands Crus, retour très bruyant sur trois cylindres, vers un petit centre commercial devant lequel j'étais passé quelques kilomètres avant... J'achète quelques outils, je démonte le cache cylindres et revisse la bougie... Problème, ça ne tient pas. Tel David Mann et la durite de radiateur de sa Plymouth Vaillant, je me souviens, dans un flash de stupidité : le filetage de ce puits était déjà malade il y a quelques temps, j'aurais dû arranger ça... Maintenant, c'est trop tard. Deux solutions : retourner vers le Nord ou poursuivre la route de Monaco en jouant à la roulette...

Je coince la bougie comme on fixait jadis les antennes de télévisions sur les toits, du temps où on réglait encore l'image de son poste... : fil de fer sur la porcelaine et haubans que j'accroche en trois points... Je force ainsi la bougie à rester dans son puits, malgré la compression qui cherche à l'éjecter... Sans être discret, je juge passable le niveau sonore de l'auto et continue mon chemin... Après tout, il ne reste plus que 700 bornes... Et le retour.

A l'arrivée, au calme du parking de l'hôtel, je stylise mon haubanage de bougie... Quelques pets selon l'accélération, mais je me promets de rouler tranquille... La talonnée veut visiter la parfumerie Grocanard, forcément... Eze, plein soleil, on se refait le viaduc de la 246 de Danny... Curieux comme beaucoup de monde a la même idée d'aller visiter Gronanar... Pas une place de libre, je tourne et m'énerve, la voiture cale et pétarade. Je remonte vers la corniche pour faire demi-tour, queue de poisson à une Clio blanche. Le type me rattrape en bas de la côte et m'invite à m'arrêter. Il m'indique une place, avec la main droite qui sort du carreau baissé. Sympa, je me dis... Le gars sort de sa voiture, pas bon, c'est un municipal très excité... Il se précipite vers moi et arrache les clés, "You're under arrest !". Pas parce que j'étais the best, mais à cause de l'huile qui a moucheté sa vitre et sa chemise blanche lors de ma ré-accélération... C'est un film, mais le gars, colérique, a tout le bras gauche dégueulasse !

"J'appelle l'OPJ pour dresser un PV d'immobilisation du véhicule, émission de fumées nocives et toxiques ! Je n'ai rien contre les collectionneurs, mais bon, là, non !... Vous avez le droit de vous rendre au garage le plus proche, vous êtes sous mesure de rétention de carte grise !".

Bref, le gars m'avise que j'ai le droit de poursuivre le périple en train ou en stop, comme je veux... Je me revois revisser cette bougie qui ne tenait pas, dans un bon garage fermé, proche du frigo à boissons fraîches...
Après des palabres, le type, un gros moustachu, se ramollit un peu mais reste ferme, "Je vous rends les clés, mais pas de carte grise ! Vous roulez à vos risques et périls jusqu'au garage le plus proche et vous faites réparer ! Cette voiture est enregistrée "gelée" et impropre à la conduite ! Vous récupérez la CG contre les preuves de réparations". Bagnole gelée, tu parles, je sue comme un porc et j'ai bien besoin d'un parfum groconar...

Comment pourrais-je laisser la caisse de ma vie à des étrangers du bout de la France ?! No way ! Clé ou pas clé, je n'en ai pas besoin de toute façon puisque je démarre au bouton industriel, la clé n'étant là que pour débloquer le Neiman, que je peux virer assez rapidement, au cas où...

Je reprends l'allemande et file à l'anglaise de ce village puant, sans papier mais en polluant. Et sans voir Gropanar... Bof, malgré ce moment de solitude, je profite largement de ces vacances. Il faut savoir rebondir, comme lors de l'accrochage avec la GS au rond-point... Même si le matelas est trop mou...

Dix jours sans papier et sans se faire repérer... Je m'arrête de temps à autre pour redresser l'électrode de la bougie, écrasée par les explosions aléatoires dans le cylindre...

Déjà que l'épisode Gronibar m'avait fait perdre des points, j'en perds encore au retour, devant l'indécision des talons à franchir la porte de tel ou tel restaurant du centre de Valence... En plus, il fait trop chaud côté passager, parce que le chauffage est en mode forcé permanent. Je m'énerve et, foutu pour foutu, rentre à près de 160 tout le long de l'autoroute... 5h du mat', j'ai des frissons, je claque des dents et je monte le son contre la blonde maniérée...

Je suis surtout embêté par cette carte grise... Je change les guides de soupapes et pose un filetage rapporté dans le puits abîmé de la culasse... J'oubliais, du coup, huitième dépose moteur...

Malgré ça, toujours le panache indien à l'arrière...

Après une neuvième sortie du moteur, il apparaît que le jeu aux segments est énorme, plus d'un millimètre, je comprends mieux le coup de la chemise du flic... Les démontages ne m'impressionnent plus, j'en rigole, j'arrive aux bielles en six heures, sans me presser et avec les moyens du bord...
Je ne tergiverse plus, j'achète simplement un second kit cylindres-pistons neuf et le flat 4 s'ébroue tranquillement quatorze heures plus tard. Bref, très flegmatique, je ne m'en fais plus trop, je maîtrise pleinement. Je commence même à photographier mes exploits... Reste à maîtriser la récupération de la carte grise, toujours rangée dans un tiroir du commissariat de Eze...
Pour conclure l'aspect mécanique de cette affaire, les segments bousillés sont la conséquence annoncée d'une huile trop froide depuis un an et dix mille kilomètres. No comment... Qu'on se le dise...
Quant à l'issue administrative, je récupérerai la carte grise en octobre, par voie postale, non sans une petite diversion avec la facture justifiant les travaux... La Wilde Enterprise ltd, faut dire qu'elle n'existe pas encore...
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wilde

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MessageSujet: Re: Aux galériens mécaniques...   19/1/2019, 10:34

2003...

Je repars donc vers la triple procédure de vérification de l'écrasement des joints de culasse, vu que tout est remis à neuf... Ces réglages sont devenus un plaisir et je raconte mes aventures aux habitants de l'immeuble. En fait, nous sommes devenus une petite famille, toujours les uns chez les autres, toutes portes ouvertes sur la coursive, en été... Les matches de tennis sur un terrain à la craie, sur le parking, les entraides, les jeux, etc.

Je pose un thermostat d'huile et l'aiguille retrouve la bonne place, entre 90 et 120°, selon l'excitation du moment... J'installe aussi le système de volets thermostatiques de réchauffement à froid, il participe à la montée rapide en température de l'huile... Je n'en avais pas, jusqu'ici... Enfin, si, mais j'ai balancé le système dans un terrain vague, en 1996...

En juin, en plus d'un check-up général, je change les quatre disques et les roulements.

Juillet. La canicule fige le pays dans la torpeur. Je perds la tête. Je ne dors plus, juste deux ou trois heures par nuit, allongé sur le balcon, dérangé par les chats. Il fait 35°2 dans l'appartement, jour et nuit. Je craque, jette des casseroles d'eau contre les murs en crépis et m'allonge dans des linges mouillés, face au ventilateur. Tout est torride, le temps, les corps et les esprits, portés à blanc par la difficulté d'être et de vivre. Quand l'eau du ciel revient, après dix jours, j'entame une danse nocturne sur le parking, jurant de ne plus jamais réclamer la chaleur.

Août. Alors que l'auto descend vers la côte, coup de tête lyonnais. Trop chaud. Bifurcation et direction la Bretagne via le massif central... Rien ne se passera, juste une hernie au pneu avant gauche, les MXT Michelin ont vécu. Pas usés, mais âgés.

La voiture ajoute 6412 km au compteur, cette année-là...


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